Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Pourquoi éviter de pécher si l'on peut s'en confesser plus tard? Aussi bien faire ce que l'on veut et il ne restera qu'à passer à confesse. Voilà une question qui revient souvent et que plusieurs se posent chaque jour. Dieu ne voudra-t-il pas nous pardonner si nous nous confessons plus tard? Oui, si nous nous repentons, il nous pardonnera. À ceci, les gens réagissent habituellement comme ceci: Très bien, alors laissez-moi tranquille! Mais attention: ce n'est pas aussi simple. Prenons le temps de bien réfléchir à la question.


L'enjeu ici, c'est de profiter de la vie pour le moment, sachant qu'on nous pardonnera plus tard. La première chose à se demander, c'est de savoir si cette façon de penser nous est suggérée par Dieu. Bien sûr que non! Alors qui me la suggère? Comme nous l'avons vu dans la première vidéo de cette série sur la guerre spirituelle, le diable est un menteur: il est le père du mensonge. Il faut donc prendre le temps de bien peser chacune de ses propositions.


Dieu pardonne si l'on se repent. La question fondamentale est donc de savoir si nous allons vraiment nous repentir. Et c'est ici que l'on découvre tout le poison qui se cache dans cette façon de penser. Ce n'est pas pour rien que saint Paul nous exhortait à travailler dans la peur et le frisson pour notre salut. Pourquoi parler ainsi, alors que Dieu fait preuve de miséricorde? C'est parce qu'il avait compris qu'un seul faux pas peut briser nos vies à jamais.


Le problème avec une telle pensée, c'est qu'en abordant Dieu de manière légaliste, nous ne cherchons pas vraiment à nous mettre en relation avec lui. Nous n'essayons pas de demeurer à son image. Notre vie spirituelle se résume à une liste de choses à faire ou à ne pas faire. Puis, il ne reste qu'à nous confesser des péchés que nous n'étions pas censés commettre au départ.


Malheureusement, cette façon de penser ne laisse aucune place à la relation d'amour que nous aurions pu avoir avec cet être merveilleux qu'est Dieu. Il ne peut plus habiter en nous. À ce propos, voici le message que saint Grégoire le Théologien nous adresse:


« Il serait absurde de courir après l'argent au détriment de votre santé, ou de vous laver le corps de fond en comble tout en négligeant votre âme. Il est ridicule de tenter de s'affranchir de l'esclavage matériel sans se soucier de la liberté céleste, ou de vouloir à tout prix faire du bien aux autres tout en refusant de s'occuper de soi-même.


Il est inutile d'essayer de vivre dans le luxe et de se pavaner dans de beaux habits, si l'on ne prend pas le temps de réaliser sa propre valeur.


« Pourtant, lorsque la compassion vous est offerte gratuitement, vous la méprisez parce qu'elle ne coûte rien. Toutes les occasions sont bonnes pour se purifier, car nous pourrions mourir à tout moment. Je me joins à Paul pour vous crier à pleins poumons: « Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut. 1 »» (Saint Grégoire le Théologien) - [traduction libre]


Ceci dit, gardons-nous de mépriser la clémence de Dieu: accueillons-la plutôt. En réalité, les gens qui choisissent de pécher maintenant et de se repentir plus tard bien souvent ne se repentent pas. Et s'ils ne le font pas, c'est que le diable exerce graduellement son autorité sur eux à leur insu. Lorsqu'Adam et Ève ont abandonné Dieu et qu'ils ont choisi le diable à Genèse 3, ils se sont soumis à l'autorité de ce dernier. Et de nos jours, en adoptant cette attitude, nous agissons de la même façon.


En observant ce qui se passait en Occident, nous avons rejeté le diable et nous nous sommes tournés vers l'Orient pour y retrouver Dieu et nous replacer sous sa gouverne par l'entremise du baptême. Cependant, en nous adonnant au péché, nous risquons de nous retrouver encore une fois dans les griffes du diable. En nous voyant doucement faiblir, ce dernier n'hésitera pas à sauter sur l'occasion d'exercer de nouveau son emprise sur nous. Ce faisant, nous serons déconnectés de la source de vie, et naturellement, nous trouverons la mort. Dans son Épître, saint Jacques décrit la situation comme ceci:


« 14 Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. 15 Puis la convoitise, lorsqu'elle a conçu, enfante le péché; et le péché, étant consommé, produit la mort. » (Jacques 1:14-15)


Et la mort, c'est l'absence de vie. Plus nous péchons, plus l'autorité du diable se resserre sur nous et plus il devient difficile de résister au péché. Éventuellement, nous en devenons dépendants. En d'autres mots, même si Dieu peut nous pardonner nos péchés lorsque nous nous confessons, les chances que nous nous repentions diminuent drastiquement.


Un autre point important à considérer: les conséquences du péché. Si effectivement nous nous repentons, nous nous confessons et nous prenons part à l'Eucharistie, nous nous unissons à Dieu, mais les conséquences du péché demeurent. Pensez-y. Si quelqu'un triche lors d'un examen et qu'il se fait prendre, croyez-vous que l'enseignant changera sa note parce que le coupable se confesse? De même, lorsqu'un meurtrier confesse son geste, le défunt retrouve-t-il la vie? Et si un fumeur réussit enfin à cesser de fumer après des années de lutte contre le tabac, la nicotine disparaît-elle de son système comme par enchantement? Non! Les conséquences du péché demeurent.


1 Voir 2 Corinthiens 6:2


Considérez ce qui suit... Chaque fois que vous péchez, c'est comme si vous creusiez une fosse sous vos pieds. Plus vous péchez, plus la fosse devient profonde. Lorsque vous réalisez que le péché conduit effectivement à la souffrance, votre réflexe naturel est de vouloir sortir de cette fosse, mais pour ce faire, vous devez grimper jusqu'en haut. Et plus vous êtes enlisé dans le péché, plus la fosse est profonde et plus il est difficile d'en sortir.


Il y a une différence importante entre commettre un péché une fois, le commettre plusieurs fois ou en être devenu dépendant. Il faut que ce soit très clair dans nos têtes, car bien malheureusement, le diable déjoue un très grand nombre de personnes en les entraînant à commettre le même péché plusieurs fois avant qu'elles ne se repentent ou entre les moments où elles se confessent.


Par exemple, imaginons une personne qui vient tout juste de se confesser d'une certaine faute qui lui causait des ennuis. La semaine suivante, cette personne fait une rechute. Le diable tente alors de l'encourager à chuter plusieurs fois, puisque de toute façon, elle devra bientôt revoir le prêtre pour se confesser. S'il s'empresse de lui mettre cette idée en tête, c'est pour qu'elle ait l'impression de porter un fardeau jusqu'à sa prochaine confession et qu'elle se sente découragée de devoir se confesser de nouveau.


Et si la personne persiste à vouloir se confesser encore, le diable lui suggère d'en profiter au maximum et de commettre la faute à sa guise en attendant sa prochaine confession. Ce que la personne ne réalise pas, c'est qu'en cédant à la tentation, elle creuse sa fosse encore plus, et ce faisant, permet au diable d'avoir de plus en plus d'autorité sur elle, afin d'en arriver à la contrôler.


Au chapitre 24 de l'Évangile selon Matthieu, le Christ dit:


« 12 Et, parce que l'iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira. 13 Mais celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé. » (Matthieu 24:12-13)


Ces paroles sont bel et bien en train de se réaliser. La charité disparaît à vue d'œil chez un très grand nombre de personnes. Soyons donc de ceux qui résistent jusqu'à la fin. Joignons nous à ceux qui, avec saint Paul, déclarent:


« 39 Nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme. » (Hébreux 10:39)


Accrochons-nous à Dieu. Grâce au jeûne et à la prière, prenons part au combat jusqu'au bout et sortons de la fosse que nous nous sommes creusée. Ayons la sagesse de ne plus creuser de fosses sous nos pieds.


N'oubliez pas:


Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi. Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.